Frelon à pattes jaunes : le piégeage des fondatrices est-il réellement efficace ?

Suite à son introduction accidentelle en France, le frelon à pattes jaunes, Vespa velutina, est devenu un important prédateur du cheptel apicole. Son aire géographique s’étend à plus de la moitié du territoire français, et il commence à coloniser les pays frontaliers. Ce frelon vient d’être classé en France ‘espèce nuisible’. Pour lutter contre ce prédateur, sont mises en place des techniques de piégeage de fondatrices au printemps qui ne semblent pas, d’après les études menées sur le terrain, réellement efficaces.

Frelon devant une ruche d'abeilles. © inra
Mis à jour le 25/01/2013
Publié le 23/11/2012

Plusieurs stratégies de piégeages ont été proposées afin de limiter l’expansion et la prédation sur les abeilles. L’une d’elle consiste à piéger des fondatrices (nouvelles reines) à la sortie de l’hiver lorsqu’elles fondent les nouvelles colonies. Ce piégeage est sujet à controverse. Pour certains, chaque fondatrice capturée représente une colonie en moins ; alors que les opposants considèrent que le piégeage de fondatrices n’a aucun impact sur l’expansion du frelon à pattes jaunes.

L’unité Santé et Agroécologie du Vignoble de l’INRA de Bordeaux apporte dans un article publié dans la revue Open Journal of Ecology des éléments d’évaluation de type coût/bénéfice de cette technique en mesurant les performances de captures de fondatrices par rapport aux captures d’autres insectes non cibles. Les chercheurs ont ainsi montré que les zones proches de points d’eau sont plus propices aux captures de fondatrices de V. velutina, mais que ce type de piégeage est nuisible à de nombreuses espèces non-cibles. Globalement, le rendement obtenu est très faible par rapport à ce qui était attendu, et ne semble pas se répercuter par une diminution importante de la pression de prédation sur les ruchers.

Les scientifiques ne sont guère optimistes quant à l’utilité de cette technique telle qu’actuellement promue par de nombreuses collectivités locales. Elle ne semble pas, à elle seule, capable de juguler l’invasion biologique de ce prédateur.
Lire l'article publié dans Open Journal of Ecology : "Chasing the queens of the alien predator of honeybees: A water drop in the invasiveness ocean".

Contact :
Denis THIERY
UMR1065 SAVE Santé et Agroécologie du Vignoble, centre INRA Bordeaux-Aquitaine
Denis.Thiery@bordeaux.inra.fr

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