Modélisation du risque sanitaire en grande culture à l'échelle régionale et application au choix variétal

L'homogénéisation variétale des paysages cultivés est une caractéristique de l'agriculture moderne. Cette simplification des paysages entraîne une plus grande vulnérabilité aux maladies et donc une utilisation accrue des pesticides. Dans ce cadre, David Blanchard réalise une thèse financée par le métaprogramme SMaCH et Arvalis dans l'unité BIOlogie GEstion des Risques en agriculture - Champignons Pathogènes des Plantes (BIOGER-CPP) de Versailles pour étudier des solutions plus naturelles visant à réduire les épidémies. Ses recherches portent sur l'impact de la diversité variétale à l'échelle régionale sur une maladie du blé, afin de développer des stratégies de gestion des variétés résistantes.

Environs de Mur de Barrez en  AVEYRON . © WEBER Jean
Mis à jour le 14/06/2013
Publié le 14/06/2013

Depuis plusieurs décennies, le développement d'une agriculture intensive a entrainé un changement des paysages agricoles. Les parcelles, agrandies par le remembrement, sont devenus le support de monocultures. Cette homogénéisation du paysage a favorisé la  propagation des agents pathogènes et a ainsi contraint à une utilisation massive des fongicides.

Aujourd'hui, d'autres solutions plus naturelles visant à contrôler les épidémies sont à l'étude. Ainsi certains travaux ont montré qu'une diversification des variétés, à l'échelle du paysage, permettrait de ralentir la diffusion des agents pathogènes. Il s'agirait concrètement de raisonner le choix variétal sur la base de combinaisons de variétés à cultiver sur un territoire. Cela pose le problème d'une gestion concertée des variétés par les exploitations agricoles, mais offre une perspective intéressante pour mieux contrôler  le risque épidémique.

Afin de pouvoir opérer un déploiement raisonné des variétés résistantes, il est nécessaire d’avoir une connaissance précise de la composition des populations pathogènes et de leur évolution en fonction de leur environnement variétal.  L'enjeu scientifique de la thèse de David Blanchard est de mieux comprendre puis de prédire le lien entre la diversité des variétés hôtes et la dynamique épidémique des populations pathogènes en milieu agricole. Le travail s'appuie sur une approche de modélisation en statistique bayésienne, à partir de l'étude de grands jeux de données d'épidémio-surveillance acquis par l'INRA (composition des populations parasites) et par Arvalis (évaluation du niveau de résistance des variétés cultivées). L'enjeu finalisé de ce travail est de fournir des modèles d'analyse du risque sanitaire, qui permettraient de produire des conseils opérationnels en matière de choix variétal.

Contact :
David BLANCHARD
UR1290 BIOGER CPP BIOlogie GEstion des Risques en agriculture - Champignons Pathogènes des Plantes, centre INRA de Versailles-Grignon
dblanchard@jouy.inra.fr