Un jeune chercheur au service de la lutte biologique

Régulièrement affectée par des organismes nuisibles tels que des ravageurs, des champignons ou bien des adventices, la production horticole alimentaire nécessite l’usage de produits phytosanitaires, afin de limiter les pertes et d’accroître les rendements. Fruits et légumes sont directement touchés par ces pesticides qui ont un impact sur la santé humaine, l’environnement et la biodiversité. Dans le cadre du nouveau plan Ecophyto, qui vise à réduire considérablement l’utilisation de produits phytosanitaires, des moyens de lutte biologique sont développés afin de diminuer la dépendance chimique. C’est dans ce contexte que Thomas Delattre a rejoint les rangs de l’Inra, en tant que chercheur au centre Inra Paca d’Avignon.

Thomas Delattre, jeune chercheur, à l’unité Plantes et Systèmes de culture Horticoles du centre Inra PACA à Avignon.. © © INRA
Mis à jour le 26/06/2015
Publié le 12/06/2015

Passionné par l’écologie, Thomas Delattre a soutenu une thèse de doctorat en écologie du paysage. Il a été accueilli, après avoir réussi le concours de Chargé de Recherche, dans l’unité Plantes et Systèmes de culture Horticoles, où il travaille depuis plus d’un an, au sein de l’équipe Ecologie de la Production Intégrée (EPI), dont les principaux champs de recherche sont le paysage et la lutte biologique.

Dans les vergers, les pommes sont attaquées par des carpocapses, papillons dont les larves se développent à l’intérieur du fruit et causent de nombreux dégâts. Jusqu’à ce jour aucune espèce d'auxiliaire n’a été identifiée qui soit capable, à elle seule, de lutter contre le carpocapse. Il faut donc rechercher des combinaisons d'auxiliaires efficaces. C’est dans ce cadre que s’inscrit le projet de recherche du jeune chercheur, qui repose sur les liens entre structures du paysage et fonctionnement des communautés d’auxiliaires* et de ravageurs. L’objectif est de comprendre le fonctionnement des combinaisons d’espèces et leurs interactions afin de rendre plus efficace la lutte biologique, saisir comment la structure et la répartition du paysage peuvent agir sur les communautés d’auxiliaires et comment manipuler les cortèges d’auxiliaires de différentes espèces en faveur de la protection des cultures.

Combinant écologie du paysage, des populations et des communautés, les actions qu’il mène au quotidien incluent le travail de terrain, la modélisation, la rédaction, l’encadrement et l’organisation de projets de recherche. A la question « quels conseils donneriez-vous à celles et ceux qui souhaiteraient exercer ce métier ? », il répond qu’il faut bien réfléchir et être sûr de son choix car cela nécessite un important investissement personnel, d’autant plus qu’il y a beaucoup de chercheurs formés mais peu de postes à pourvoir dans la recherche publique. Mais selon lui, être chercheur est un des meilleurs métiers au monde, car il peut suivre ses idées ainsi que ses intuitions en faisant progresser les connaissances.

  

*Appelés également agents de lutte biologique, ce sont des organismes (insectes, acariens ou nématodes) qui ont pour rôle de détruire les ravageurs de culture.

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  • Thomas DELATTRE UR1115 PSH Unité de recherche Plantes et Systèmes de Culture Horticoles