Gestion durable des résistances des cultures

La conférence internationale Plant Resistance Sustainability 2012 s'est tenue dans le Sud de la France près de Nice du 16 au 19 octobre 2012. Plus de 100 chercheurs venus du monde entier ont échangé durant ces quatre jours sur le thème de la gestion durable des résistances des cultures. Une quarantaine d'interventions orales ont été programmées lors de quatre sessions. Cette conférence a été organisée par l'INRA dans le cadre de son Méta-Programme Sustainable Management of Crop Health (SMaCH).

Conférence sur la  gestion   durable  des résistances des cultures organisée dans le cadre du méta-programme SMaCH à la Colle sur Loup au mois d'octobre 2012.. © inra, Arnaud RIDEL
Mis à jour le 07/02/2013
Publié le 04/02/2013

La recherche dans le domaine de l’agriculture doit relever des défis majeurs comme celui de proposer les voies pour une agriculture durable et respectueuse de l’environnement. Ceci demande des efforts de recherche constants, la mise en œuvre d’approche pluridisciplinaire ainsi que la prise en compte et l’intégration de différentes échelles. Dans ce contexte, la résistance génétique des plantes ainsi que l’articulation de la lutte génétique avec d’autres méthodes de luttes est une approche privilégiée permettant de gérer de manière efficiente la santé des plantes en limitant les impacts économiques et environnementaux.

Plant Resistance Sustainability 2012 avait pour objectif de rassembler des généticiens, pathologistes, agronomes et des spécialistes des questions socio-économiques travaillant sur la gestion durable des résistances des cultures afin de présenter les derniers résultats des recherches obtenus, de favoriser les échanges en particulier entre spécialistes de différentes disciplines et impulser des collaborations.
Quatre sessions étaient proposées lors de cette conférence :

  • Impact de la résistance des plantes sur la structure et l’évolution des populations de bioagresseurs
  • Amélioration des plantes et stratégies de déploiement des résistances génétiques
  • Interactions moléculaires entre plantes et bioagresseurs et durabilité des résistances
  • Questions socio-économiques soulevées par l’utilisation de variétés résistantes et leur déploiement dans les agro-écosystèmes

       

Cinq questions à Carole Caranta, organisatrice de Plant Resistance Sustainability 2012

     

Pourquoi avoir organisé cette conférence ?
Cette conférence internationale s’est inscrite dans le prolongement des actions nationales sur la thématique conduite dans le cadre du méta-programme SMaCH à laquelle de nombreux chercheurs de l’INRA participent. Elle avait pour objectif de fédérer la communauté internationale sur le sujet et d’échanger sur la diversité des gènes et mécanismes de résistance en lien avec leur durabilité, la combinaison des gènes de résistance et leurs distributions à l’échelle de la parcelle et du territoire, l’impact des gènes de résistance sur les populations de bio agresseurs, l’intégration optimale de la lutte génétique avec les autres méthodes de lutte (l'adaptation des systèmes de culture et des caractéristiques du peuplement, exploitation de la biodiversité…), ainsi sur les questions socio-économique en lien avec l’utilisation et le déploiement des variétés résistantes.

Le résultat obtenu a-t-il été à la hauteur de vos attentes ?
Cette conférence a incontestablement été un succès, avec la participation de plusieurs leaders mondiaux du domaine, des présentations de très hautes qualités ainsi que des échanges et des débats animés et constructifs tout au long des 4 jours.

Des avancées significatives en matière de gestion durable des résistances ont-elles été présentées lors de cette conférence ?
Au-delà de résultats sur la durabilité de tel ou tel gène de résistance ou combinaison de gènes, sur l’impact des gènes de résistance sur les populations de bioagresseurs, ou encore de résultats sur des combinaisons de génotypes et/ou de pratiques culturales permettant de préserver la durabilité des résistances génétiques, quatre conclusions majeures peuvent être faites à l’issue de la conférence :

  • des approches transdisciplinaires sont nécessaires pour apporter des réponses à cette question complexe, question qui s’adresse à l’échelle de l’agrosystème et sur des pas de temps long. Dans ce cadre, les approches de modélisation constituent un trait d’union entre les disciplines et les échelles d’étude ;
  • le succès de la gestion durable des résistances génétiques dépend de la mise en place de ressources et d’infrastructures partagées (e.g., pour le phénotypage à haut débit, des bases de données économiques, etc…) ;
  • l’identification et la prise en compte des compromis et verrous sociotechniques est un élément clé de l’utilisation et du déploiement des résistances génétiques ;
  • les biotechnologies constituent une voie prometteuse pour l’identification et l’exploitation de nouveaux mécanismes de résistance, pour une mobilisation méthodique de la diversité des ressources génétiques.   

Estimez-vous que certains points n'ont pas été abordés lors de cette conférence mais que vous auriez souhaité voir présentés ?
Plus que des points qui n’ont pas été abordés lors de la conférence, nous avons plutôt identifié des questions de recherche émergentes sur lesquelles il va falloir travailler dans les années à venir. Par exemple, l’identification de nouveaux mécanismes de résistance interroge sur les pressions de sélection exercées sur les populations de pathogènes par ces différents mécanismes ou encore sur leur durabilité comparée. Actuellement les équipes de recherche travaillant sur les nouveaux mécanismes de résistance des plantes aux bio agresseurs s’intéressent encore trop peu aux questions de durabilité de ces résistances. Des collaborations sur ces sujets méritent d’être encouragées.

Quelle sera la suite de Plant Resistance Sustainability 2012 ?
A court terme, nous travaillons sur l’édition d’un numéro spécial d’une revue internationale consacré aux résultats majeurs présentés lors de la conférence. Nous sommes également plébiscités par l’ensemble des participants pour renouveler cette expérience. Ainsi, une nouvelle Conférence PRS pourrait être organisée à l’horizon 2014-2015 !