Drosophila suzukii prolifère à vitesse grand V

Elle mesure de 2 à 4 millimètres, de couleur jaune brunâtre à jaune orangé avec des yeux rouge vif, la mouche Drosophila suzukii est originaire d’Asie. Appelée aussi drosophile à ailes tachetées, l’insecte ravageur est désormais présent sur notre territoire et menace nos vergers et productions de baies. Les recherches en cours pour lutter contre ce ravageur s’orientent vers une combinaison de méthodes respectueuses de l’environnement incluant la lutte biologique.

Mouche drosophile suzukii.. © inra, Jeab-Claude MALAUSA
Mis à jour le 25/01/2013
Publié le 02/08/2012

Un potentiel invasif inquiétant

Drosophila suzukii s’est propagée aux Etats-Unis  en 2008 puis en Europe à partir de 2009, principalement sur le pourtour méditerranéen. Elle est maintenant présente en France où elle a été piégée dans de nombreuses régions (Languedoc-Roussillon, PACA, Corse, Centre, Midi-Pyrénées, Aquitaine).
Contrairement à la majorité des espèces de Drosophiles qui se développent sur des fruits déjà abîmés voire en décomposition, les femelles D. suzukii pondent dans des fruits sains matures ou en cours de maturation. La mouche introduit ses œufs en perçant la peau des fruits et les larves se nourrissent de la pulpe, favorisant le développement de bactéries et de moisissures entraînant un pourrissement du fruit. Les plantes attaquées sont très variées et incluent les fruits à noyau (cerise, abricot, pêche etc..), les petits fruits rouges (fraise, framboise, etc…), mais aussi la figue, la tomate et le raisin. Les dégâts produits sont importants, avec des pertes estimées à plus de 80% dans certaines exploitations.

Bien adaptée au climat tempéré, elle possède une grande capacité de reproduction et présente une mobilité importante. La diversité des fruits hôtes utilisables permet sa reproduction et son développement pratiquement toute l’année, dans et en dehors des zones cultivées. L’expansion et l’acclimatation de ce ravageur représentent ainsi un risque majeur pour les zones de production des cultures attaquées.

La lutte biologique une voie à explorer prioritairement

La lutte biologique repose sur l’utilisation d’organismes vivants appelés auxiliaires, ou des molécules dérivées de ces organismes, pour lutter contre des espèces nuisibles. Parmi ces auxiliaires, les guêpes endoparasitoïdes (qui pondent dans un autre insecte, s’y développent et entraînent sa mort), sont généralement très spécialisées vis à vis de leur hôte, limitant d’éventuels impacts sur des espèces non-cibles. En l’état des connaissances, D. suzukii connait peu ou pas de compétiteurs dans nos régions mais des parasitoïdes ont été décrits dans son aire d’origine, l’Asie.

Dans ce contexte, les chercheurs du centre INRA PACA de Sophia-Antipolis, souhaitent, d’une part, déterminer les possibilités d’adaptation des parasitoïdes locaux à D. suzukii et, d’autre part, évaluer le potentiel d’espèces exotiques.

Où en somme-nous ?

Compte-tenu de son arrivée quasi-simultanée dans plusieurs pays, les recherches sur D. suzujkii sont actuellement en pleine structuration au niveau international. Au niveau national, ce projet est d’ores et déjà soutenu par la région PACA (programme APEX) et par un projet CASDAR porté par les filières agricoles concernées. Malgré ces premiers acquis, la mise en place progressive d’une dynamique collective durable associant laboratoires et partenaires agronomiques sera un atout majeur pour la réussite de ces recherches.

Contact :
Jean-Luc GATTI
UMR1355 ISA Institut Sophia-Agrobiotech, centre INRA PACA
Jean-Luc.Gatti@sophia.inra.fr