Pierre Gladieux, un jeune chercheur recruté pour explorer l’évolution des champignons 

Pierre Gladieux est un chercheur récemment recruté au département Santé des Plantes et Environnement sur le centre de recherche Inra Montpellier. Il travaille dans l’unité « Biologie et Génétique des Interactions Plante-Parasite » (BGPI) au sein de l’équipe « Biologie évolutive des champignons phytopathogènes ». Ce jeune chercheur mène des recherches dans le domaine de l’écologie et l’évolution des champignons, et son expertise se situe dans le champ de la génétique des populations.  

. © Inra
Mis à jour le 12/04/2016
Publié le 11/04/2016

De la chimie à l’étude de l’évolution des champignons

Pierre Gladieux a suivi une formation assez diversifiée avant d’intégrer l’unité BGPI. Au départ, il souhaitait plutôt s’orienter vers la chimie, mais l’étude de la chimie des plantes l’a finalement conduit à s’intéresser aux interactions plantes-microorganismes. Disposant d’une bonne formation en mathématiques, notre jeune chercheur s’est naturellement tourné vers la génétique des populations et la biologie computationnelle, des disciplines auxquelles il s’est formé lors de sa thèse en Microbiologie à l’Université d’Angers et de ses expériences postdoctorales, notamment en Californie.

Ce sont les enseignements prodigués par les chercheurs du laboratoire « Ecologie microbienne » de Lyon qui lui ont donné envie de travailler sur les micro-organismes, et de faire de la recherche et de l’expérimentation. Pierre Gladieux s’est finalement tourné vers les laboratoires, plutôt que les centres techniques, suite à des stages effectués auprès de chercheurs de l’Inra (Jacques Fargues au CBGP* de Montpellier et Bruno Le Cam à l’IRHS** d’Angers) qui l’ont amené à épouser une carrière de chercheur.

Pourquoi étudier l’évolution des champignons phytopathogènes ?

En tant que chargé de recherche, Pierre Gladieux, mène un projet de recherche dont l’objectif est de comprendre les facteurs évolutifs et les changements génomiques impliqués dans la formation de nouvelles populations et espèces de champignons.

Une partie importante de son travail consiste à reconstruire les caractéristiques démographiques des populations de champignons (leur âge, leur taille, leur capacité à échanger des migrants…) à partir de leur variabilité génétique afin d’en savoir davantage sur leur histoire naturelle (dans quelle région et suite à quels événements telle espèce est-elle apparue ?). L’utilisation de méthodes statistiques lui permet de rechercher les régions des génomes fongiques que les populations auraient échangées (par exemple, suite à des migrations entre populations) et/ou qui auraient été impactées par la sélection naturelle (qui aurait par exemple, augmenté leur fréquence dans les populations) et comprendre leur rôle dans différents processus biologiques. Les processus biologiques auxquels Pierre Gladieux s’intéresse sont la reconnaissance du soi/non soi et l’immunité, la formation de nouvelles populations et espèces, l’adaptation aux contraintes biotiques et abiotiques.

L’intérêt d’un tel projet scientifique est de comprendre comment les champignons communiquent entre eux et perçoivent leur environnement biotique, afin d’en tirer profit, en attirant idéalement les champignons dont les effets sont bénéfiques et en repoussant ceux dont les effets sont délétères.

Découvrir comment se forment les nouvelles populations et espèces de champignons, permet également d’identifier les mesures qui rendront les agrosystèmes moins sensibles à l’émergence et la propagation de nouvelles lignées préjudiciables aux cultures.

Partager, une valeur essentielle dans le métier de chercheur 

Un an après son intégration dans l’unité BGPI, le spécialiste des champignons dresse un bilan positif sur son métier de chercheur. Le soutien de ses collègues, la reconnaissance au niveau international de son travail et la recherche de financements pour mener à bien son projet sont autant de sources de motivation. L’étape suivante pour notre chercheur sera de former une équipe technique autour de ses thématiques. Il tient également à partager sa passion pour la recherche avec des étudiants et jeunes docteurs. A la question « quelles sont les principales qualités pour devenir chercheur », Pierre Gladieux répond « Il faut aimer lire et écrire et savoir présenter les choses de manière intéressante et pertinente. Il faut aimer produire, accumuler des connaissances, et les partager».

Dans les prochaines années, Pierre Gladieux souhaiterait pouvoir caractériser et élucider l’origine du système immunitaire des champignons et élucider quelques bases génétiques qui permettent aux champignons pathogènes de s’adapter à de nouvelles plantes hôtes.

* UMR1062 CBGP Centre de Biologie pour la Gestion des Populations
** UMR1345 IRHS Institut de Recherche en Horticulture et Semences

CV de Pierre Gladieux, chercheur à l’unité BGPI, Inra Montpellier

  • 2014-2015 : Postdoc au CNRS/Université Paris Sud à Orsay (directrice Tatiana Giraud)
  • 2012-2014 : Postdoc Marie Curie à l’Université de Californie à Berkeley Orsay (directeur John Taylor)
  • 2007-2012 : Postdoc au CNRS/Université Paris Sud à Orsay (directrice Tatiana Giraud)
  • 2004-2007 : Thèse en Microbiologie. Université d’Angers.
  • 2003-2004 : DEA Altérations des Systèmes Biologiques. Université d’Angers.
  • 2002-2003 : Maitrise de Biologie des Populations et des Ecosystèmes. Université d’Angers.
  • 2000-2002 : Maitrise de Sciences et Techniques en Chimie et Biologie Végétale. Université Lyon I.
  • 1999-2000 : Ouvrier agricole en viticulture et arboriculture fruitière (en tant que chercheur Inra, je considère cela comme une formation ; j’avais besoin de réfléchir sur mon avenir).
  • 1997-1999 : Deug sciences de la matière à l’Université Joseph Fourier de Valence/Grenoble.
  • 1997 : Baccalauréat au Lycée Marcel Gimond d’Aubenas en Ardèche.