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Des études en cours pour parasiter Drosophila suzukii

Ravageur redoutable de petits fruits rouges et de fruits à noyau, Drosophila suzukii a été détectée en France en 2010. Cette minuscule mouche originaire d'Asie du Sud-Est est aujourd'hui présente sur l'ensemble du territoire. La femelle pond ses œufs sous la peau du fruit et les larves éclosent et se développent à l'intérieur du fruit. Face aux dégâts provoqués par D. suzukii et son fort potentiel invasif, les chercheurs de l’Inra se sont rapidement mobilisés pour étudier ce ravageur et mettre au point des solutions de biocontrôle comme la lutte biologique par acclimatation.

Ganaspis sp mâle.. © Inra, Nicolas Borowiec
Par Jean-Luc GATTI - Arnaud RIDEL
Publié le 28/05/2018

Une petite mouche qui s’attaque aux fruits 

Drosophila suzukii, également appelée drosophile à ailes tachetées, est une petite mouche asiatique arrivée en France en 2010. Capable de s’attaquer à de nombreux fruits cultivés, en particulier les petits fruits rouges (fraises, framboises, myrtilles, mûres, groseilles…) ainsi qu’à certains fruits à noyau (cerises, abricots, prunes), elle entraîne depuis quelques années des pertes économiques conséquentes estimées à plusieurs millions d’euros par an. L’éradication de ce bioagresseur étant impossible, de nombreuses méthodes sont actuellement évaluées afin de minimiser son impact sur les cultures. La lutte contre ce ravageur est toutefois rendue difficile par le fait que, polyphage, elle est capable de se développer sur un très grand nombre de fruits sauvages qui servent de réservoir naturel et qui sont inaccessibles aux traitements ou mesure de prophylaxie.

Une des pistes actuellement à l’étude pour contrôler les populations de ce ravageur à la fois dans les milieux cultivés et dans les espaces naturels, est la lutte biologique par acclimatation. Cette stratégie de biocontrôle vise en effet à introduire, depuis la zone d’origine du ravageur, un ennemi naturel spécifique afin qu’il s’établisse et contrôle durablement les populations du ravageur.

Un hyménoptère identifié pour lutter contre D. suzukii

Les chercheurs de l’Institut Sophia Agrobiotech à Sophia Antipolis (Centre Inra PACA), en collaboration avec le Centre for Agricultural Bioscience International (CABI) en Suisse et des Universités japonaises et chinoises, ont mené des prospections afin d’identifier les ennemis naturels de D. suzukii dans sa région d’origine. Il s’agissait plus précisément de caractériser les communautés d’insectes parasitoïdes (insectes dont le développement se fait aux dépens d’un hôte qui est généralement tué) associées à ce ravageur. Ces recherches sur le terrain ont permis l’identification d’au moins 8 espèces d’hyménoptères parasitoïdes dont certaines ont été ramenées en Europe (France et Suisse) afin de faire l’objet d’investigations plus poussées dans des conditions de confinement élevées. Ces études ont notamment consisté à préciser certains traits de la biologie de ces insectes, en particulier au regard de leur spécificité parasitaire.

Les résultats préliminaires sont plutôt encourageants puisqu’un des candidats, appartenant au genre Ganaspis, montre une nette préférence à attaquer D. suzukii seulement lorsqu’elle se trouve associée à des fruits frais. Cette spécialisation écologique est importante puisque, contrairement aux autres espèces de drosophiles qui se développent sur des fruits en décomposition, D. suzukii préfère quant à elle les fruits en maturation. Ces recherches doivent toutefois être poursuivies et validées avant qu’une éventuelle demande d’autorisation d’introduction dans l’environnement soit déposée auprès des Ministères de l’Agriculture et de l’Environnement. Sous réserve d’une évaluation favorable, ces prochaines étapes pourraient se dérouler dans le cadre d’un projet récemment déposé à l’occasion de l’Appel à Projet Casdar « Innovations et Partenariat 2018 » coordonné par le CTIFL.

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