Cellules épidermiques d'hypocotyle d'Arabidopsis thaliana vues au microscope confocal laser. Mise en évidence du cytosquelette (microtubules, en vert) et des chloroplastes (en rouge).. © Inra, GRANDJEAN Olivier

Réseaux scientifiques

Adaptation à l’environnement biotique chez les lépidoptères (ADALEP)

Le réseau ADALEP regroupe une centaine de chercheurs d’environ 25 laboratoires français conduisant des recherches dans le domaine de « l’Adaptation des Lépidoptères à leur environnement biotique ». Ses membres appartiennent à des organismes de recherche variés (48 font partie de l'INRA dont 41 du département SPE, 11 de l'IRD, 9 du CNRS, 7 du CIRAD et 25 de diverses universités ou écoles) et couvrent des approches pluridisciplinaires de l’analyse des populations, à l’évolution, l’écologie, la physiologie, le comportement et la génomique. Le réseau a pour objectif de définir plus clairement une politique scientifique concertée et complémentaire et accroître la lisibilité du dispositif de recherche français autour des lépidoptères.

Mis à jour le 18/09/2013
Publié le 20/01/2013
Mots-clés : réseau

Chenille du Machaon (papilio machao). © inra - Jean-Yves RASPLUS, Jean-Yves RASPLUS
Chenille du Machaon (papilio machao) © inra - Jean-Yves RASPLUS, Jean-Yves RASPLUS
160.000 espèces de papillons font de l’ordre des lépidoptères le second ordre en nombre d’espèces au sein de la classe des insectes. Cette richesse spécifique reflète une grande capacité de colonisation et d’adaptation à des climats variés, à tous les continents, et à une large gamme d’espèces végétales. L’apparition des lépidoptères est aussi contemporaine de celle des plantes à fleurs qu’ils contribuent à polliniser. Les papillons sont ainsi considérés comme des indicateurs majeurs de la biodiversité. Or ces 20 dernières années ont vu la diminution massive de leur nombre, probablement du fait de la dégradation des écosystèmes, de l’intensification de l'agriculture ou encore du réchauffement climatique. Les lépidoptères sont ainsi devenus des modèles centraux de la biologie de la conservation.

Le revers de la médaille de cette richesse adaptative est que cet ordre contient également certains des plus importants ravageurs de la planète, attaquant des plantes cultivées aux arbres fruitiers ou forestiers (10-20 % de pertes annuelles). Leurs stratégies de nutrition ne leur font épargner aucun organe : feuillage, fruits, tronc ou tige, litière ou fleurs et, selon leur degré de spécialisation, on peut observer des espèces monophages très localisées géographiquement, ou des espèces polyphages et ubiquistes devenant des  ravageurs.

La diversité des stratégies adaptatives des lépidoptères est donc un sujet central d’ADALEP qui contribue à comprendre comment un lépidoptère devient un ravageur. L’exigence de diminuer l’usage des insecticides au niveau européen pose enfin la question de nouveaux modes de contrôle de ces ravageurs.
Ces deux enjeux, biodiversité et contrôle, montrent l’intérêt majeur des recherches sur les lépidoptères à la fois pour des questions de biologie générale et d’agronomie.

Objectifs du réseau

  • Définir une complémentarité des recherches.
  • Accroître la lisibilité du dispositif de recherche français du domaine.
  • Décrire, analyser, et utiliser les capacités adaptatives des lépidoptères en favorisant une approche de biologie intégrative.

Le réseau a développé 4 axes de travail : bilan des compétences et des espèces modèles, prospective stratégique, déclinaison de projets scientifiques et positionnement international. Créé en 2001, ADALEP a déjà :

  • Produit un site web (http://www6.inra.fr/adalep) avec recensement des équipes, des modèles biologiques, et des ressources humaines et matérielles.
  • Obtenu la création d’un poste d’ingénieur en soutien à une plate-forme commune pour l’analyse de données génomiques (Rennes).
  • Créé une représentation au sein de l’initiative internationale i5k de séquençage de génomes d’insectes, et obtenu le soutien de l’INRA pour le génome de 2 nouvelles espèces.
  • Organisé un colloque scientifique national (2011) et un atelier international (2013).

Contact

Emmanuelle D'ALENCON
UMR1333 DGIMI Diversité, Génomes et Interactions Microorganismes-Insectes, centre INRA de Montpellier
alencon@supagro.inra.fr